de l'intérieur d'une communauté

Quels que soient les groupes sociaux, on ne voit souvent d'eux que la partie « marketing ». Celle qui est bien présentable et que l'on souhaite mettre en évidence, au mépris souvent de la réalité. Ce blog, qui se revendique comme un blog d'information, va tenter de présenter la vie de la communauté hellénique de Lyon par ceux qui la vivent de l'intérieur.
J'ai connu deux hommes qui ont dignement représenté la communauté hellénique : monseigneur Vlassios et le père Athanase Iskos. Ils n'ont jamais eu à rougir de ce qu'ils ont fait ou dit et ont laissé une communauté respectée et respectable. Le contraste pourra paraître saisissant entre les 50 ans qui viennent de s'écouler et ce qui se passe depuis plus de six ans, mais si l'on veut rester fier de ce que l'on est, il ne faut pas hésiter à prendre ses distances lorsque ce que l'on voit s'éloigne de nos idéaux.
Dans un premier temps, je vais raconter une histoire au travers de courriers échangés et de documents, qui seront tous reproduits. Dans un second temps, je débattrai autour des questions qui seront posées à mon adresse mail : jeanmichel.dhimoila@gmail.com .
La communauté hellénique de Lyon étant une association cultuelle, loi 1905, les références au culte seront nombreuses et indispensables pour comprendre le sens de ce qui est recherché, et malheureusement parfois ses dérives.

Bonne
lecture à tous
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lundi 6 février 2012

16- Docteur Ladias



Je me rappelle très bien du visage du Docteur Ladias, président de la communauté hellénique de Lyon durant de très nombreuses années. En revanche, je n'étais qu'un enfant et serait bien incapable de me prononcer sur son action. Je crois que tout le monde l'a respecté car je n'ai jamais entendu quelqu'un dire des choses négatives sur lui. Sa photo est encore dans le bureau, à droite quand on entre dans l'église. C'est sa signature qui est apposée sur les statuts originaux de l’association en tant que premier président. Il est resté président presque jusqu'à sa mort.

Une communauté vivante sait transmettre à ses enfants ses coutumes, ses passions mais aussi ses responsabilités. Les enfants qui héritent de tout cela ont à cœur de poursuivre les efforts de leurs parents. C'est la base de toutes les traditions. Une communauté n'est pas un musée et il est inévitable qu'elle se transforme sous l'action des particularismes de chacun, mais le cœur de l'héritage transmis est le fil rouge qui continue à unir chacun à travers les générations. Au même titre que tous les membres de la communauté, j'ai hérité de ça. Et le docteur Ladias fils en a hérité également de son père.

C'est cet héritage qui a poussé Junior (j'espère que le docteur Ladias fils prendra avec humour ce qualificatif) à se présenter aux élections du comité le 20 février dernier. Fort de l'estime que la communauté lui porte, il a été élu sans difficultés. Dans l'optique de modifier les statuts de la communauté pour le bénéfice de la métropole, le père Kakavelakis voulait cumuler la fonction de prêtre de la paroisse avec celle de président de la communauté. La culture et l'éducation de Junior lui ont rapidement fait prendre conscience que ce cumul des mandats pouvait être un obstacle au rôle du prêtre : un prêtre se doit d'avoir du recul afin d'écouter les problèmes de chacun, alors qu'un président doit pouvoir prendre des décisions qui ne font pas forcement plaisir à tout le monde.

Afin d'attirer l'attention sur cet état de fait, Junior a présenté sa candidature à la présidence du comité, en étant donc concurrent du père Nicolas. Il n'a pas été élu, mais il a gardé le regard critique d'un homme cultivé. Je ne le dit pas pour le flatter, car il m'a reproché d'avoir fait ce blog. Il estimait qu'un blog ressemblait à un déballage public des problèmes, alors que lui était partisan de la diplomatie. C'est pour tenir compte de son avis, mais aussi de celui de plusieurs personnes, que je n'ai rien écrit sur le blog la semaine dernière.

Conscient de son rôle d'élu, Junior a donc cosigné une lettre recommandée AR qui a été envoyée à monseigneur Emmanuel.

A la suite de la réunion du comité de dimanche dernier, une autre réunion a été fixée pour samedi 4 février. Réunion à laquelle devait assister l'évêque. L'ordre du jour était encore basé sur moi. Cet ordre du jour a fait réagir Junior qui estimait que la communauté avait des préoccupations importantes et qu'elle ne devait pas s'attarder sur des problèmes personnels. D'autant que j'avais annoncé que je suspendais le blog pour laisser le temps aux responsables de trouver des solutions aux problèmes de fond.

La réponse de l'évêque a été aussi expéditive que son enquête (voir le message 5) : il a décidé d'exclure du comité Junior au motif canonique qu'il est catholique. Pour l'instant, la décision n'est pas validée, car l'évêque veut la soumettre au comité qui gère les affaires de la Métropole.

En fait, cette décision n'est pas aussi expéditive qu'elle peut le laisser paraître. Elle tire sa source de l'assemblée générale du 20 février dernier. Nous avons déjà vu que, lors de cette assemblée, l'évêque avait voulu mettre au vote la modification des statuts, que cette modification avait été refusée au motif qu'elle n'était pas à l'ordre du jour, et que les modifications souhaitées n'étaient pas connues. Pour être plus précis, c'est Junior qui, ce jour-là, avait pris la parole pour faire remarquer à l'évêque que sa demande n'était pas opportune : tant du regard du droit français que de celui des relations humaines. Il avait fait remarquer que les modifications seraient mieux acceptées par la communauté si elles n'étaient pas adoptées dans la précipitation mais à la suite d'explications adéquates.

J'étais à l'assemblée générale pour répondre aux questions sur les travaux du presbytère. Je discutais avec le père Nicolas lorsque les faits ci-dessus se sont déroulés. Je me rappelle parfaitement celui-ci dire, furieux, qu'il n'oublierait pas ce que Junior venait de faire. Il le lui a fait sentir dès la première réunion, lorsque Junior a présenté sa candidature à la présidence : la prise de parole du père Nicolas a été particulièrement humiliante contre ce rival potentiel qui bénéficiait de toute l'aura de son père. Les courriers reproduits dans les liens ci-dessus n'ont été que le déclencheur d'un sort déjà scellé.

Monseigneur Emmanuel compte sans doute s'appuyer sur l'article 6, alinéa 4 des statuts qui dit que la qualité de membre se perd par opposition au pouvoir canonique de l'évêque. Il compte utiliser le fait que Junior est baptisé catholique. S'il est clair que cet article fait référence aux membres ordinaires, il est beaucoup plus contestable qu'il s'adresse aux membres élus du Conseil qui, eux, ne peuvent être investis pour les quatre ans de leur mandat qu'après que leur élection eut été validée par l'évêque (art. 9, §1).

Le Conseil actuel a bien été validé par l'évêque. Monseigneur Arsénios, lors de sa visite du 27 mars 2011 (Annonce Orthodoxe n°20, p5, §4), l'avait annoncé à la fin de la liturgie en félicitant le nouveau conseil. D'ailleurs, si le Conseil n'avait pas été validé, c'est en toute illégalité que l'argent de la communauté aurait été utilisé depuis un an. Junior a donc bien été validé dans ses fonctions par l'évêque, et ce pour les quatre ans de son mandat.

Le fait d'être baptisé catholique, comme c'est très souvent le cas dans les mariages mixtes de la diaspora, ne signifie pas que Junior soit opposé au pouvoir canonique de l'évêque. Il ne faut pas confondre pouvoir canonique de l'évêque (respect des règles de l’Église) et pouvoir temporel (membre du corps diplomatique du gouvernement grec). En écrivant un recommandé à l'évêque, Junior assume son rôle de membre élu qui se préoccupe des problèmes de la communauté. Il n'est en opposition avec aucune règle de l’Église. Au contraire : en prenant la responsabilité de faire face aux problèmes pour les régler, il en devient le meilleur défenseur.

Par ailleurs, en droit, on ne peut prendre une décision nouvelle que sur des faits nouveaux. L'évêque savait que Junior était catholique, tout comme il savait qu'un autre membre n'était pas baptisé dans le conseil précédent. Et pourtant il a validé son élection tout comme il avait validé le précédent conseil. Il n'y a eu aucun fait nouveau concernant Junior qui pourrait conduire l'évêque à prendre une décision nouvelle d'invalider son élection.

Bien évidemment, si l'évêque décide d'exclure Junior, il devra motiver sa décision et la notifier par écrit ; nous ne manquerons pas de la reproduire sur ce blog et d'y consacrer un article.

Si les statuts deviennent d'application stricte, ils disent à l'article 1 que la communauté se compose des orthodoxes grecs (ou d'origine) résidant dans le département du Rhône. Or, dimanche dernier, le père Nicolas a félicité des Géorgiens qui, en tant que membres de notre communauté, avaient fait des travaux bénévolement dans la salle paroissiale. L'article 1 des statuts prévoit que les Géorgiens ne peuvent pas être membre de l'association. S'ils n'en sont pas membres, ils ne peuvent pas y travailler bénévolement.

Ma position est de considérer que le rigorisme conduit à des dérives sectaires. Tout le monde est le bienvenu dans la communauté, car c'est l’Évangile qui nous unit suivant cette parole de Paul : Il n'y a plus ni Juif, ni Grec ; il n'y a plus ni esclave, ni homme libre, il n'y a plus l'homme et la femme ; car tous, vous n'êtes qu'un en Jésus Christ (Gal. 3, 28).

Il serait opportun que le père Nicolas prenne conscience qu'il ne peut pas prêcher tout et son contraire en l'espace de quelques jours : utiliser les statuts pour vouloir exclure quelqu'un quand ça l'arrange, et se moquer de ces mêmes statuts pour faire travailler des bénévoles quand il en a besoin.

Je terminerai par ces mots de Junior : L'essentiel, pour moi, c'est que notre communauté est ouverte à tous parce qu'elle est forte, forte de son passé, forte des liens de solidarité et de fraternité qui se sont créés entre nous au fil du temps. Et c'est cela qu'ils ne voient pas et ne savent pas : cette force qui nous lie entre nous et nous attache à la communauté.

dimanche 5 février 2012

15- Sabotages



La réunion du comité de dimanche dernier avait pour thème " les problèmes ". Il s'agissait surtout d'un long monologue pour parler de moi. Le père a alors sorti un texte qu'il avait préparé et a demandé à tous de signer. S'en sont alors suivis de houleux échanges. Des problèmes beaucoup plus importants ont été abordés, comme la séquestration de mademoiselle P. et autres problèmes évoqués sur ce blog. Au final, personne n'a signé le document présenté par le père. Une nouvelle réunion, en présence de monseigneur Emmanuel, a eu lieu hier. Nous y reviendrons dans un prochain message.

Un autre point abordé était le changement de toutes les serrures pour que le père soit sûr qu'il n'y ait plus de clés en circulation et éviter des actes de " malveillance " internes. Il est loin le temps où, lors de son arrivée, il voulait que toutes les personnes disponibles se relaient pour garder l'église ouverte. Maintenant, même celui qui vient allumer les lampes qui brûlent devant les icônes est considéré comme potentiellement nuisible. Le père Nicolas s'est justifié en mettant en avant des actes d'incivilité que je décrirai plus bas.

Créer un incident artificiellement pour ensuite utiliser cet incident est une technique vieille comme le monde. Néron l'a utilisée pour faire accuser les chrétiens, Hitler pour faire accuser les communistes. C'est devenu tellement courant que ce type de manipulation n'est même plus comptabilisée. Même les hommes politiques l'utilisent parfois pour mettre en avant tel ou tel thème de leur campagne. Durant les travaux, j'ai assisté à quatre événements surprenants :

1) Quand le carreleur faisait les joints du sol de l'appartement, il a pris un café vers 9h. Il était seul avec le père car personne ne pouvait marcher par terre. A 10h30, quand il a voulu faire une pause et manger sa pomme, son sac, qui était dans l'école grecque, avait été volé. L'ordinateur de l'école grecque avait également disparu. Il ne pouvait intéresser personne pour la revente, car son clavier était en grec. Le sac du carreleur a été retrouvé par un passant dans une allée à quelques rues de l'église, mais pas l'ordinateur. Le père m'a alors demandé de changer les serrures de son appartement, et m'a parlé de sa volonté de faire changer toutes les serrures de l'église et de la salle. Il voulait également montrer par ce vol qu'il fallait réguler les horaires d'accès à la salle et supprimer les clés en circulation. Sauf erreur, il n'y a pas eu de dépôt de plainte pour ce vol.

2) Le second point très surprenant a été lorsque, peu avant Noël 2010, le père Nicolas a trouvé dans sa boîte aux lettres une lettre de menaces manuscrite. La lettre disait, si je me rappelle bien, qu'il fallait mettre un vrai sapin de Noël dans la salle sinon il y aurait des représailles. Le père avait mis la lettre sur son compte facebook et V., qui travaillait à Interpol, avait répondu en plaisantant qu'il lançait une enquête. Noël était le moment où il y avait beaucoup de critiques contre le père et cette lettre tombait à point nommé pour faire culpabiliser ceux qui ne suivaient pas tout ce qu'il disait. Les " contestataires " craignaient d'être assimilés au rédacteur de cette lettre.

3) Toujours sur le thème du père Nicolas victime des autres, il nous a surpris un soir où il est revenu en disant que, depuis un immeuble à proximité de l'église, un sniper lui avait tiré dessus et que le plomb lui avait frôlé le visage. Il a relaté cette histoire à plusieurs personnes.

4) Quand le père Nicolas voulait faire renouveler le comité et se présenter pour avoir la présidence, il craignait de ne pas avoir la majorité des 15 membres qui lui aurait donné la présidence. Il avait plusieurs fois évoqué avec moi la façon de contrôler ce vote. Le 20 février, des personnes ont voté le matin après la liturgie. Puis le père a conservé l'urne. D'autres personnes ont voté le soir. Au moment du dépouillement, le père Nicolas a dit qu'il y avait 3 bulletins de plus dans l'urne que le nombre de votants. Le père s'est alors demandé s'il devait utiliser ce prétexte pour faire annuler l'élection. Il a contrôlé qui venait d'être élu puis a décidé que l'évêque pouvait la valider.

Plus récemment, quand le père Nicolas a appelé la police pour me faire sortir, il y a 15 jours, les policiers ont demandé si je gênais l'office. Il a dû concéder que non. Quelques jours après, un disque de sons de cloches qui est dans le sanctuaire a été rayé et des œufs ont été jetés sur la façade. Les clés de l'église sont des clés sécurisées que l'on ne peut pas faire reproduire sans la " carte d'identité " de la clé. Tous les doubles en circulation sont connus. Personne, dans ceux qui ont grandi dans cette communauté, n'oserait envisager un seul instant de profaner le sanctuaire par un acte qui n'est pas liturgique. Même moi, je préfère accepter de ne pas communier plutôt que de montrer mon mécontentement dans l'église. Personne ne peut m'empêcher d'y entrer, mais ce n'est pas le lieu pour manifester autre chose que son désir de communion à Dieu.

Qui a commis tous ces sabotages dont nous n'avions jamais entendu parler en 60 ans ? Je n'en ai aucune idée, mis à part le sniper pour lequel je suis convaincu qu'il n'a jamais existé. Je constate juste qu'ils sont toujours intervenus à un moment où le père Nicolas à su les utiliser.

lundi 30 janvier 2012

14- Protéger les enfants



Avant toute chose, je tiens à rectifier une erreur dans mon précédent message. L'information qui disait que l'évêque serait là était erronée. L'évêque vient dimanche prochain pour la fête de la paroisse du père Antoine Callot. Nous reparlerons plus en détail de la réunion d'hier dans le prochain message.

Un lecteur catholique de ce blog, en réaction à l'un des aspects du dernier message, m'a envoyé un lien pour me dire quelle est la position de l’Église Catholique sur le prix des sacrements. C'est très bien expliqué. On peut y lire : Faut-il payer pour baptiser son enfant ? Le coût d'un baptême d'un petit enfant est gratuit, comme tous les actes religieux. Faire payer est interdit, c'est un péché de simonie. Mais à l'occasion de cette cérémonie, c'est l'habitude de faire une offrande à la paroisse qui a fait la cérémonie. Le montant de cette offrande dépend des moyens de chacun, mais se situe généralement entre 40 et 100€. Rien n'est imposé, mais il faut aider les paroisses pour qu'elles puissent vivre et régler les frais. Le coût d'un baptême ce n'est pas le coût du sacrement qui est gratuit, mais le coût des frais de secrétariat, d'éclairage et de chauffage qu'entraîne la cérémonie. L'offrande est faite à la paroisse et non au prêtre.

Je dirais que c'est exactement la position de l’Église Orthodoxe. Ce qui est plus surprenant, c'est que ce ne soit pas celle de monseigneur Emmanuel. Lorsque j'ai fait baptiser mon fils ainé, je n'avais pas d'argent et je n'ai rien donné à l'église. Pour le cadet, la situation n'était pas la même et j'ai donné 1000 euros. Personne dans le comité ou dans le clergé ne m'avait fait de remarques quand je n'ai rien donné ; il n'y a eu qu'un humble " merci " quand j'ai donné. Et c'est ça qui est normal car peu importe ce que je donne ou non : le baptême est le même pour tous. Donner à une église n'est pas un problème. Le problème est qu'une paroisse fixe une grille tarifaire pour dispenser les sacrements.

Je connais le mode de vie des moines et des moniales pour l'avoir partagé. Bien qu'ayant choisi de suivre une autre voie, j'ai le plus grand respect pour ce qu'ils font et je suis sûr que leurs prières portent une grande part des péchés du monde. Le soir de la visite du Patriarche Œcuménique à Lyon, il y a trois ans, j'ai su que des sœurs qui venaient de Minsk, en Biélorussie, étaient à Lyon et ne savaient pas où loger. Je les ai hébergées. Nous avions une amie commune qui nous avait mis en relation. Nous le sommes restés depuis.

Lorsque le père Nicolas a fait ces dessins, je ne savais quoi en penser, tellement l'impression de malaise était palpable. Aussi Caroline a eu l'idée de les soumettre à un père spirituel. Il ne s'agissait pas d'en faire une expertise médicale, mais bien d'avoir l'avis d'un spirituel. Caroline a naturellement pensé au père Andréï, père spirituel du monastère Sainte Élisabeth, à Minsk. Le père Andréï jouit d'une réputation de sainteté, son monastère comporte plus de 100 moniales qui travaillent pour beaucoup dans le plus grand hôpital psychiatrique d’Europe qui jouxte le monastère. Le père Andréï est aumônier dans cet hôpital psychiatrique.

Pour ne pas influencer ce Père, nous lui avons fait parvenir les originaux des dessins par S., notre amie commune. S. n'a pas ouvert l'enveloppe et ne savait rien de celui qui les avait dessinés. S. est fille spirituelle du père Andréï et va le voir régulièrement. En février 2010, lors de l'une de ses visites, elle a expliqué notre demande au Père et lui a demandé quel conseil il pouvait nous donner. Le Père Andréï a ouvert l'enveloppe et est resté préoccupé. Il a dit : Ça relève de la psychiatrie. Puis il est resté silencieux avant d'ajouter : Maintenant, ce qui compte, c'est de protéger les enfants. Et enfin il a ajouté que nous ne devions pas hésiter à le contacter si nous avions besoin. Je n'ai plus emmené mes enfants à l'église grecque depuis ce jour. S. ne parle pas le russe. Elle est donc toujours accompagnée d'une traductrice qui parle couramment le français quand elle voit le père Andréï.

Lorsque j'avais écrit à monseigneur Emmanuel pour lui parler des problèmes de la paroisse de Lyon, je commençais ma lettre par la présentation de ces dessins. La Métropole les a occultés dans l'Enquête évoquée dans le message 5, estimant qu'ils n'étaient pas liés à une faute quelconque. Pourtant, quelques temps après, quelqu'un a téléphoné à Minsk. Il a eu au téléphone la sœur qui avait servi de traductrice. Celle-ci a eu peur en voyant qu'on lui posait des questions sur sa traduction et a nié les propos du père Andréï. Elle s'en est ouverte à S. lors d'une visite ultérieure et S., offusquée que les propos de son père spirituel soient niés, me l'a rapporté. J'ai donc invité monseigneur Emmanuel à chercher une confirmation directement auprès du père spirituel, et non pas auprès de la traductrice. Il ne l'a jamais fait.

De mon côté, j'ai récemment écrit au monastère pour demander si la sœur pouvait me confirmer la teneur des propos du père Andréï et, dans la négative, si j'avais la bénédiction pour téléphoner au père Andréï directement avec ma propre traductrice, comme le père Andréï me l'avait proposé. La sœur m'a répondu que le seul point qu'elle ne pouvait pas confirmer était que le Père avait dit qu'on pouvait lui téléphoner et qu'il était préférable de lui écrire si nous avions besoin. Je reproduis ici l'échange écrit que nous avons eu avec cette sœur. S'il le faut, je passerai mes prochaines vacances à Minsk pour voir le père Andréï sans intermédiaire. Pour l'instant, j'en reste à ce qui m'a été rapporté : Ça relève de la psychiatrie, puis, après un silence : Maintenant, ce qui compte, c'est de protéger les enfants.

Je rappelle que nous sommes dans une association cultuelle et que la tradition cultuelle grecque orthodoxe que nous visons par nos statuts prévoit de suivre les conseils des Pères. Que le père Andréï est l'équivalent du père Païssios ou du père Porphyrios. Que sa phrase a trouvé tout son sens quand le père Nicolas a chassé Caroline devant les enfants de l'école grecque, faisant peu de cas de leurs pleurs. Et qu'il n'avait pas davantage de considération devant les 150 enfants venus pour la semaine de l'unité quand c'est moi qu'il a mis dehors avec violence.

Saint Paul recommande d'être obéissant, comme le Christ a été obéissant au Père jusqu'à la mort. L'obéissance est la vertu principale qui sert à organiser la vie et les règles à l'intérieur d'un monastère. Elle est reprise au sein de la hiérarchie ecclésiastique comme base dans les relations. Mais le Christ n'est pas obéissant parce qu'il est soumis au Père. S'il était soumis, il ne serait pas Dieu. Il est obéissant parce qu'il aime le Père. L'obéissance chrétienne est une manifestation de l'amour qui cherche toujours le bien de celui qu'on aime par-delà sa propre volonté. Monseigneur, quand je vois que vous suscitez la peur même chez une sœur à plusieurs milliers de kilomètres, que cette peur vous masque la vérité, que cette vérité ne vous intéresse pas car vous n'allez pas au-delà des apparences qui vous suffisent, alors je ne peux m'empêcher de penser que vous ne serez à la ressemblance du Christ que le jour où c'est l'amour que vous susciterez chez vos interlocuteurs au lieu de la peur, suivant ce que nous enseigne saint Jean quand il dit que Dieu est amour et que l'amour chasse la crainte (1Jn 4, 18).

samedi 28 janvier 2012

13- Statuts



La première réunion du comité de la paroisse depuis presque un an aura lieu dimanche. Malgré toutes les décisions qui ont été présentées comme prises à l'unanimité du comité ces derniers mois, cette première réunion qui convoque valablement tous les membres du conseil fera date. Elle semble si exceptionnelle que monseigneur Emmanuel nous fera même l'honneur de sa visite pour y assister. Elle aura pour thème " les problèmes ". Reste à savoir si les problèmes visés concernent les problèmes de fond, ou ceux qui découlent de la liberté d'expression sur internet. Si ce sont les problèmes de fond qui intéressent l'évêque, peut-être aura-t-il la bonne idée de rappeler la police, comme dimanche dernier. De cette façon, il pourra demander aux policiers s'il est vrai qu'ils ont dit à certains membres de la communauté : Ça nous étonnait tellement qu'un père nous appelle pour chasser quelqu'un qu'on a regardé le dossier de ce père avant de venir. Ça nous étonnerait qu'il reste longtemps ici, celui-là ! Peut-être diront-ils alors : Ça nous étonnait tellement qu'un évêque nous appelle, qu'on a regardé son dossier avant de venir...

Je salue le Conseil Mondial des Églises (World Council of Churches), à Genève, qui m'a fait l'honneur de visiter mon blog, même si la durée de leur connexion laisse supposer qu'il ne s'agissait que de courtoisie et non d'examen des documents présentés. Je rassure mes internautes anonymes : mis à part quelques institutionnels, les statistiques ne donnent qu'une vague indication de lieu des différentes connexions. Les statistiques fonctionnent un peu comme l'annuaire inversé, quand on essaie de savoir quel est le numéro qui vient de nous appeler, la plupart du temps on ne trouve pas.

Lorsque j'ai vu le dernier bulletin de l'Annonce Orthodoxe de la communauté, avec une cotisation à 50 euros pour être membre, j'ai aussitôt réalisé que le plan de modification des statuts avait franchi une étape importante. Seulement, pour modifier des statuts, il ne suffit pas d'exclure presque tout le monde du droit de vote, comme nous l'avons vu dans le message 12 ; il faut aussi respecter certaines règles de droit administratif. Je suis donc allé à la Préfecture pour demander une copie de nos statuts. N'importe qui peut le faire. Il suffit d'entrer par la rue de Bonnel, d'aller à l'accueil, de laisser sa carte d'identité contre un badge visiteur et de se rendre au bureau 401. Là, vous pouvez demander n'importe quelle version de n'importe quels statuts d'associations.

Lors de la dernière assemblée générale, présidée par monseigneur Emmanuel, celui-ci avait demandé un vote pour modifier les statuts. L'assemblée générale avait refusé de voter car la question n'était pas à l'ordre du jour, et les modifications souhaitées n'étaient pas connues. L'assemblée a par contre validé de simplement changer les noms des responsables religieux mentionnés dans les statuts. Je n'étais donc pas étonné de voir que deux versions des statuts de la communauté hellénique de Lyon étaient enregistrées.

Vous trouverez ici la version originelle de nos statuts, et ici la version signée du 26 février 2011, soit 6 jours après que l'Assemblée Générale eut refusé de modifier les statuts. Vous pourrez constater que deux points ont été changés discrètement :
- dans l'alinéa 3 du point f de l'article 3, le président signataire des nouveaux statuts prévoit d'octroyer au clergé, c'est-à-dire à lui-même, des gratifications en plus des seuls traitements auxquels il pouvait jusque-là prétendre ;
- l'un des axiomes de la chimie est de considérer que, dans la nature, rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme (Lavoisier, repris du Grec Anaxagore). Dans le même alinéa 3, l'argent qui servait aux traitements des employés ne sert plus que si besoin à leur salaire.
De cette façon, l'argent qui servait à payer les traitements honoraires du clergé et employés de l'association sert maintenant à payer les gratifications et traitements du clergé et, si besoin, du ou des employés de l'association.
- le 1er § de l'article 14 a également été transformé pour que l'assemblée générale, qui se réunissait pour voter les modifications des statuts, ne se réunisse plus que pour proposer des modifications qui seront validées par l'évêque.

Mais, me direz-vous, en quoi est-ce que ça peut nous gêner que l'évêque change les statuts ?

Je répondrai qu'il est impossible de dire si c'est gênant ou pas tant que l'on ne connaît pas les modifications proposées. Il y a certainement des modifications qui seraient bonnes. Mais déjà, avant de se pencher sur le fond, il faut que la forme de ce que nous faisons soit conforme à la législation française. Sinon quelle image donnons-nous ? Des modifications arbitraires rendent nulles toutes décisions qui pourraient en découler, tout comme fixer une cotisation sans respecter les règles prévues rend nul l'exclusion souhaitée des membres.

En second lieu, c'est humiliant pour les familles qui ont tout construit, durant soixante ans, sans que l'évêque ne mette jamais un sou, d'accepter d'être exclus du fonctionnement de l'association et d'en perdre la gestion. D'autant que les statuts actuels laissent un rôle central au pouvoir canonique de l'évêque.

Ensuite, ce qui me gêne, c'est le fait d'avoir mis une grille tarifaire sur les sacrements. C'est une hérésie condamnée par l’Église, comme nous l'avons vu dans un article précédent, et nous ne pouvons pas prétendre faire partie de cette Église en reproduisant les hérésies qu'elle a condamnées. Quel rapport avec les statuts modifiés ? Si on facture 200 euros un baptême, cet argent va dans les caisses de l'association. Mais si le clergé a droit à des gratifications, alors le président, qui est aussi actuellement le clergé, peut décider quelle part il laisse dans les caisses de l'association et quelle part il garde pour lui-même.

Bien évidemment, il ne peut pas tout prendre, parce que l'évêque demande 5% de tous les revenus de la paroisse. C'est compréhensible si l'on considère la mission qui est celle de l'évêque. Ça l'est moins si celui-ci autorise de vendre les sacrements pour augmenter la part qui lui revient.