de l'intérieur d'une communauté

Quels que soient les groupes sociaux, on ne voit souvent d'eux que la partie « marketing ». Celle qui est bien présentable et que l'on souhaite mettre en évidence, au mépris souvent de la réalité. Ce blog, qui se revendique comme un blog d'information, va tenter de présenter la vie de la communauté hellénique de Lyon par ceux qui la vivent de l'intérieur.
J'ai connu deux hommes qui ont dignement représenté la communauté hellénique : monseigneur Vlassios et le père Athanase Iskos. Ils n'ont jamais eu à rougir de ce qu'ils ont fait ou dit et ont laissé une communauté respectée et respectable. Le contraste pourra paraître saisissant entre les 50 ans qui viennent de s'écouler et ce qui se passe depuis plus de six ans, mais si l'on veut rester fier de ce que l'on est, il ne faut pas hésiter à prendre ses distances lorsque ce que l'on voit s'éloigne de nos idéaux.
Dans un premier temps, je vais raconter une histoire au travers de courriers échangés et de documents, qui seront tous reproduits. Dans un second temps, je débattrai autour des questions qui seront posées à mon adresse mail : jeanmichel.dhimoila@gmail.com .
La communauté hellénique de Lyon étant une association cultuelle, loi 1905, les références au culte seront nombreuses et indispensables pour comprendre le sens de ce qui est recherché, et malheureusement parfois ses dérives.

Bonne
lecture à tous

dimanche 12 février 2023

252- Les Églises orthodoxes et leur place dans le conflit OTAN - Russie

 

 

Voici le texte d'une présentation que j'ai faite le 10 février 2023 dans le cadre du Repas des Patriotes, réunion publique organisée par le Rassemblement National à Lyon. Je les remercie pour leur invitation.

 

Introduction

 

Le 1er janvier 2023, la Laure des grottes de Kiev, le plus ancien lieu monastique russe, fondé en 1051, célébra son dernier office orthodoxe, devant une foule dense. Le lendemain, cet immense monastère fut envahi par l’armée ukrainienne et le SBU, qui chassèrent de ce lieu l’ensemble des prêtres, des moines et des fidèles. Cela s’inscrivait dans une longue succession d’actes visant tous à constituer artificiellement une Église indépendante d’Ukraine, dans la continuité du coup d’état du Maïdan

L'abbé de la Laure, le métropolite Pavel, a déclaré : Aujourd'hui, nous quittons le territoire de la Laure supérieure. Nous quittons les temples pour lesquels nous avons prié à la demande de seigneurs capricieux. Les musulmans nous ont toujours permis, et nous permettent encore, de prier sur la tombe de Saint-Nicolas. Les catholiques nous permettent de prier sur la tombe des saints Apôtres, sur les reliques de saint Nicolas. Mais notre peuple, qui se prend pour le centre de la terre, nous bannit de nos sanctuaires sur notre propre terre.

Malheureusement, énoncer une succession de faits divers ne permettra pas de comprendre ce qui se passe en Ukraine en ce moment. Donc, avant de revenir à la situation tragique de l’Ukraine et de son Église aujourd’hui, je vais devoir replacer ce qui se passe dans un contexte plus large.

 

Laure des grottes de Kiev


 

 

Fondements de l’Église

 

Étymologiquement, l’Église est la communauté du peuple. Dans son sens mystique, l’Église est le corps du Christ, constitué de chacun de ceux qui partagent la foi en lui. Ce sens mystique vient de deux paroles de l’Évangile : Toutes les fois que vous avez fait ces choses à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous les avez faites (Matth. 25, 40) et Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux (Matth. 18, 20). 

Ignace d'Antioche écrira, au début du IIème siècle : Là où paraît l'évêque, que là soit la communauté, de même que là où est le Christ Jésus, là est l’Église (Ignace d'Antioche, Lettre aux Smyrniotes, VIII, in : Les Pères apostoliques, Paris 1991). Si bien que très tôt dans l’histoire du christianisme, l’Église a pris un sens d’organisation institutionnelle autour d’un clergé établi.

Cette organisation a concrétisé un besoin, destiné à faire face à des divisions naissantes et à participer à la vie des empires romains et byzantins, dans lesquels ces Églises prospéraient. Les canons des conciles œcuméniques, que l’on présente comme destinés à fixer le dogme, ne visent d’ailleurs bien souvent qu’à organiser le fonctionnement de cette institution.

 

 

Les Églises comme moyen d’influence au cœur des conflits

 

Pour autant, cette organisation institutionnelle était censée manifester la réalité mystique évoquée dans l’Évangile, mais en aucun cas se substituer à elle. Aussi, quand le pape de Rome a voulu imposer son autorité à l’ensemble du monde chrétien, au XIème siècle, les autres entités ecclésiales constituées dans d’autres lieux géographiques n’ont pas accepté cette revendication, qui ne reposait sur aucun fondement évangélique.

Cela conduisit à la séparation entre ce que nous connaissons aujourd’hui comme l’Église catholique et les Églises orthodoxes. Tout au long de l’histoire chrétienne, ces conceptions humaines de l’Église en tant qu’institution, d’un côté, et corps mystique, de l’autre, se sont affrontées. Et chaque fois que l’institution a voulu s’imposer comme une réalité supérieure qui venait au-dessus du message de l’Évangile, cela a conduit à des périodes de décadence de l’Église et à des conflits.

Les guerres ont des aspects bien plus variés que l’affrontement armé. Elles se déclinent par des guerres économiques, monétaires, informationnelles, psychologiques, technologiques. Et dans l’ensemble de ces aspects d’une guerre totale, il y a la volonté de contrôler ou, à défaut, de détruire les cultures ou les religions.

Ainsi, les conflits des Églises ont souvent été l’une des facettes d’une guerre entre les empires romains d’Orient et d’Occident, ou du moins d’une guerre d’influence lors de laquelle ces anciens empires essayaient de conserver ou d’étendre leurs territoires. C’est ainsi qu’avec le Concile de Florence au XVème siècle, l’Église catholique a tenté de s’unir à nouveau aux Églises orthodoxes, moyennant une forme d’inféodation.

Présent au concile de Florence, le métropolite de Kiev, Isidore, adhéra à l’union des Églises au nom de l’Église russe. De retour à Moscou en 1441, il échoua à imposer cette union, vue comme une manœuvre politique dans tout le monde orthodoxe. Le prince Vassili II le fit arrêter et libéra l’Église russe de la tutelle des Byzantins.

150 ans plus tard, le 23 décembre 1595, sur la base des principes érigés par le concile de Florence, c’est en Ukraine que fut créée la première Église uniate, qui visait à affaiblir les Églises orthodoxes sur leurs propres territoires.

 

 

Réorganisation des Églises ukrainiennes

 

Lorsque Zbigniew Brezinski, qui a largement contribué à définir la politique étrangère des États-Unis, appelait à arracher l’Ukraine à la Russie, il n’inventait rien. Il se contentait de prolonger une guerre d’influence qui avait été théorisée 400 ans plus tôt en l’adaptant à son propre temps.

Durant ces dernières années, malheureusement, l’Église orthodoxe du Patriarcat de Constantinople, sous la juridiction de laquelle je me trouve, est entrée dans l’une de ces périodes de décadence. Les exemples qui montrent que ses hiérarques tentent de s’imposer comme une autorité supérieure sur des juridictions qui ne sont pas les leurs, ou bien qu’ils prennent des positions politiques, sans avoir la moindre légitimité pour agir ainsi, sont de plus en plus nombreux et malsains.

Après le Maïdan, de nombreuses mesures furent prises pour couper l’Ukraine de ses racines slaves, de sa culture et de sa religion. On pense bien sûr à l’interdiction de parler la langue russe, qui s’est étendue depuis 2014 par plusieurs lois de plus en plus restrictives, mais ce n’est qu’un exemple. L’une de ces mesures fut d’instrumentaliser l’Église orthodoxe d’Ukraine, qui était déjà divisée.

Sous la pression des Américains, qui restent à la manœuvre des destinées ukrainiennes depuis le coup d’état du Maïdan, le patriarche de Constantinople invoque un droit de juridiction sur les territoires barbares prévu par le 28ème canon du 4ème concile œcuménique, il affirme que Kiev relève de ces territoires barbares, et que c’est donc à lui de présider aux destinées de l’Église d’Ukraine.

Ce faisant, le patriarche Bartholoméos oublie volontairement le 2ème canon du 2ème concile œcuménique qui prévoit qu’aucun évêque ne doit intervenir dans un évêché autre que le sien, et qui fixe les limites des quatre grands patriarcats de l’époque.

C’est un personnage sulfureux, le métropolite Emmanuel Adamakis, qui est chargé de mettre en forme ce coup de poignard dans le dos du patriarcat de Moscou. Pour rappel, le métropolite Emmanuel Adamakis est l’ancien archevêque grec-orthodoxe de France et représentant du patriarche auprès de l’UE. C’est lui qui a couvert et protégé pendant 10 ans le prêtre pervers de Lyon qui s’est fait tirer dessus il y a deux ans. Aujourd’hui, il intrigue dans l’ombre pour devenir le prochain patriarche de Constantinople.

Du 16 au 19 avril 2018, le président Porochenko et le parlement ukrainien imposent la fusion de deux Églises dissidentes locales : l’Église orthodoxe ukrainienne, avec à sa tête monseigneur Philarète, et l’Église orthodoxe autocéphale ukrainienne, avec à sa tête l’archevêque Macaire (comme pour les mouvements nationalistes corses, les noms et les apparences de ces Églises sont très proches, mais traduisent des luttes d’influences différentes).

Le 11 octobre 2018, affirmant son autorité sur l’Ukraine, le patriarche Bartholomeos intègre à son clergé monseigneur Philarète et monseigneur Macaire. Il reconnaît l’indépendance de l’Église d’Ukraine sous sa juridiction et annonce la tenue d’un concile destiné à accorder l’autocéphalie à l’Église d’Ukraine.

C’est monseigneur Emmanuel Adamakis qui sera chargé d’organiser et de présider ce concile qui aura lieu le 15 décembre 2018. Anticipant ce concile et contestant sa légitimité, le patriarche de Moscou désavoua l’intervention d’Emmanuel Adamakis et annonça la rupture des relations et de la communion avec le patriarcat de Constantinople le 15 octobre 2018.

L’union de ces deux Églises donne naissance à l’Église orthodoxe d’Ukraine. Cette nouvelle Église est aussitôt approuvée par le président Porochenko. Elle sera reconnue quelques jours plus tard, le 5 janvier 2019, par le patriarche de Constantinople, par l’Église de Grèce, celle de Chypre, ainsi que par le patriarche d’Alexandrie. Aucune autre Église du monde orthodoxe ne reconnaît sa légitimité aujourd’hui.

Le 23 janvier 2019, le patriarche Bartholomeos publia un tomos (décret) accordant l’autocéphalie à l’Église d’Ukraine. C’est un peu comme si la Corée du Nord décidait d’accorder l’indépendance au Texas. Non seulement cela, mais comme si également le Texas utilisait la décision de la Corée du Nord pour faire valoir son indépendance au niveau international.

Toute cette opération était politique, voire géopolitique, ou financière par certains aspects, mais en aucun cas spirituelle. Elle a créé et attisé des tensions, sans avoir jamais eu le moindre objectif de paix entre les hommes.

Le seul à ne pas mettre d’huile sur le feu est le pape François qui, le 30 mai 2018, annonce le rejet de l’uniatisme comme moyen pour parvenir à l’union des Églises. Il annonce à la délégation russe qu’il reçoit que seul le dialogue peut permettre de parvenir à l’unité. Les uniates d’Ukraine au destin chaotique accusent le coup.

Porochenko ne pardonnera pas cette prise de position du pape. Le 5 septembre 2019, il demandera à ce que l’Église grecque-catholique rattachée à Rome quitte cette juridiction et soit rattachée à l’Église autocéphale ukrainienne, qu’il venait de mettre en place.

Porochenko utilisa la création de cette Église autocéphale ukrainienne pour être réélu en avril 2019 et focalisa le débat électoral sur cette question. Mais c’est Zelensky qui remportera l’élection, en promettant un rapprochement avec la Russie et la mise en application des accords de Minsk. Le Monde écrira que les Ukrainiens ont voté contre la corruption, la guerre et la pauvreté, associés à l’ère Porochenko.

 

  

Les Églises et la guerre aujourd’hui

 

Dans les faits, l’Église orthodoxe d’Ukraine continua d’exister aux côtés de l’Église orthodoxe ukrainienne du patriarcat de Moscou. Mais d’innombrables conflits naquirent, où la nouvelle Église tenta de s’approprier les biens et les paroisses de l’Église dépendant de Moscou. Conflits souvent violents, et parfois même meurtriers.

Le Président Poutine cita cette tentative de séparer l’Église d’Ukraine du patriarcat de Moscou dans son discours du 23 février 2022 (30’20’’ sur la vidéo), pour invoquer la nécessité de protéger la population russe vivant dans les territoires ukrainiens. Et effectivement, les exactions devenaient de plus en plus nombreuses et violentes.

Le 22 mars 2022, le parlement ukrainien proposa une loi interdisant le patriarcat de Moscou sur le territoire ukrainien et la confiscation de tous ses biens.

La situation devenait si intenable pour elle que l’Église orthodoxe ukrainienne dépendant du patriarcat de Moscou condamna officiellement l’intervention russe en Ukraine. Par une décision collégiale du 27 mai 2022, elle annonça condamner cette intervention et rompre ses liens avec Moscou, son Église de rattachement.

Malgré cette séparation d’avec Moscou, l’Église orthodoxe ukrainienne subit de plus en plus de persécutions. De nombreux monastères ou paroisses furent investis par le SBU. Le 29 décembre 2022, sept monastères furent ainsi perquisitionnés avec la collaboration de représentants de la nouvelle Église autocéphale.

Cette situation poussa le patriarche Cyrille de Moscou à dénoncer : Des perquisitions sont menées partout : dans les diocèses, les monastères et les paroisses. Sous des prétextes farfelus, des poursuites pénales sont engagées contre le clergé et les croyants, qui sont également discrédités dans les medias. Les sanctuaires orthodoxes les plus importants pour notre peuple sont profanés.

La Laure des grottes de Kiev, dont je parlais en introduction, subit une première perquisition début décembre 2018. Puis une seconde, le 22 novembre 2022. Puis la saisie de tous ses biens et leur transfert à l’Église autocéphale ukrainienne le 1er janvier 2023.

Quelques jours plus tard, le 18 janvier 2023, devant le conseil de sécurité de l’ONU, le représentant permanent de la Russie déclare : En raison de la persécution de l'Église orthodoxe ukrainienne par Kiev, l'Ukraine s'est retrouvée au bord d'un conflit religieux d'une ampleur sans précédent. […] L'Ukraine n'est qu'à un pas d'une catastrophe religieuse interne fratricide.

Donc, que croyez-vous qu’il va se passer avec cette politique, que les gouvernements européens soutiennent par leurs actions ou par leur silence ? Que croyez-vous que feront tous ces Ukrainiens que l’on empêche de pratiquer leur foi, de parler leur langue, ou de manifester des signes de la culture qui est la leur ? Que feront des gens pieux qui n’ont pas de revendication politique autre que de voter pour des partis qui prônaient jusqu’à l’an dernier la simple application des accords de Minsk, tout comme Zelensky l’a lui-même promis ?

 

 

Conclusion

 

Je n’ai pas la réponse à ces questions. Mais il est clair que l’Ukraine est à la base le théâtre d’une guerre civile, et non d’une guerre d’invasion. Guerre civile qui, par définition, oppose des membres d’une même famille, des voisins, des citoyens d’un même pays. Et j’ai l’intime conviction que la Russie n’arrêtera pas son offensive, car elle sait qu’elle jouit du soutien d’une large part de la population dans les zones qu’elle reprend.

J’aimerais pour conclure revenir sur les sanctions que nous avons prises lorsque notre ministre, Bruno le Maire, a déclaré une guerre économique totale à la Russie. Non pas toutes les sanctions, mais celles visant les sportifs, les musiciens, les écrivains, les artistes, ainsi que des religieux dont nous avons parlé ici. Il était communément admis jusqu’à présent que certains domaines devaient rester en dehors du champ de compétence des hommes politiques, parfois parce qu’ils ne connaissent rien à ces domaines, mais surtout parce que ces domaines devaient être protégés à tout prix. Protégés, parce qu’ils sont précisément les domaines où les hommes peuvent partager des valeurs et se comprendre, même s’ils ne sont pas du même pays ou de la même culture.

Pire que toutes les autres sanctions, exclure les sportifs des compétitions, bannir l’apprentissage de certains auteurs, refuser d’interpréter des œuvres musicales de compositeurs du seul fait de leur nationalité, ou persécuter des hommes qui ne demandent qu’à vivre leur foi est la pire des idioties dont un homme politique soit capable. Parce que l’homme qui prend de telles sanctions oublie qu’il est là pour prévoir et préparer le futur de nos sociétés, et détruit les seuls éléments à travers lesquels tous les hommes peuvent se comprendre et coexister.

 


mercredi 9 février 2022

251 - Habemus papa ?



Georges Tsioulos est un garçon jovial et attachant. 


Georges Tsioulos, 21 août 2021

Il fréquente la volleyeuse Fotini Biskou depuis au moins les vingt-huit ans de celle-ci.


Georges Tsioulos, 24 octobre 2020

Georges a eu un bébé avec Fotini et s’épanouit dans sa vie de père.


Georges Tsioulos, Kalamata, 05 août 2021


Fotini écrira de Georges cette belle marque d'amour : Maybe I’m too late to be your first. But right now I’m preparing myself to be Your Last.♥️💍(trad: Peut-être suis-je arrivée trop tard pour être ta première. Mais à l'heure actuelle je me prépare à être ta dernière.)

 

Georges eût très tôt une claire conscience des besoins de ses semblables. En 2011 déjà, il publiait cette déclaration : une femme a besoin de 4 animaux dans sa vie. Une jaguar dans son garage, un renard dans son placard, un tigre dans son lit et une mule pour payer tout ça

 

Georges Tsioulos, Facebook, 9 octobre 2011


Cette publication ayant été celle qui lui rapporta le plus de j’aime, il considéra qu'il avait un message à transmettre et décida d'étudier la philosophie, prémices d'une vocation pastorale digne du père Nicolas Kakavelakis.

Depuis octobre 2016, il y a cinq ans et demi, Georges étudie la philosophie à l'université catholique de Strasbourg où il prépare une thèse de doctorat sur La christologie d'André de Crète entre production poétique et homilétique.

Après que la Métropole grecque orthodoxe de Paris eut désespérément et inutilement cherché en Grèce un prêtre digne qui acceptât de venir à Lyon en remplacement de Nicolas Kakavelakis, elle se tourna vers Georges et lui proposa la place. 

Ainsi Fotini envisagea un transfert du club de volley grec de l'ASP Korinthos vers celui de Vienne, qui évolue en national 2. Elle vint visiter ladite ville de Vienne le 22 août 2021.

 

Fotini Biskou, Vienne, 22 août 2021

Georges, quant à lui, visita sa future paroisse le 4 septembre. Nous ne savons pas s'il avait toujours les yeux grands ouverts pour regarder ce qui s'y passait, mais il en garda un bon souvenir et décida d'accepter la mission.


Georges Tsioulos, Lyon, 04 septembre 2021

Il alla ensuite rendre visite au Métropolite. Monseigneur Dimitrios n'avait pas encore pris ses fonctions à Paris (il allait être intronisé le 18 septembre), mais il était nommé au poste depuis le mois de juillet. On peut donc supposer que c'est lui qui tenta de recruter ce jeune homme.


Georges Tsioulos, Paris, 18 septembre 2021


Suite à cette visite, il fut acté que Georges Tsioulos serait bien le futur prêtre grec orthodoxe de Lyon. Fotini signa son contrat avec le club de Vienne et disputa son premier match sous ses nouvelles couleurs le 26 septembre.


Fotini Biskou, Vienne, 26 septembre 2021

Mais Georges n'était pas marié et les orthodoxes n'ordonnent que des prêtres qui sont soit mariés, soit moines. Et manifestement Georges n'était pas moine non plus. Il fallut donc le marier en urgence. Il rentra en Grèce et se maria le 24 octobre à Argos, dans le Péloponnèse.


Georges Tsioulos, Argos, 24 octobre 2021

Puis il navigua entre Paris, Grenoble, Lyon et Strasbourg pour suivre une formation accélérée de prêtre, tout en poursuivant ses études qu'il devait maintenant envisager de terminer.



Vienne, 24 novembre 2021

Paris, 30 novembre 2021

Grenoble, 12 décembre 2021

Paris, 25 décembre 2021


Georges fût ordonné diacre le lundi 27 décembre en la cathédrale Saint Stéphane, à Paris.


Ordination diaconale de Georges Tsioulos, Paris, 27 décembre 2021


Le site internet de la Métropole publiait un article sur cette ordination, mais uniquement en grec.

Digne de la propagande stalinienne, l'article évoquait une foule de fidèles de Paris, Strasbourg, Grèce et Chypre venue pour célébrer cet événement (" και πλήθος πιστών από το Παρίσι, το Στρασβούργο, την Ελλάδα και την Κύπρο "). En fait de foule, on ne comptait que sept personnes présentes, dont la famille de Georges.


Ordination diaconale de Georges Tsioulos, Paris, 27 décembre 2021

Cette ordination faite un lundi avait deux avantages : il n'y avait pas de public pour propager la nouvelle de l'arrivée prochaine du successeur de Nicolas Kakavelakis, mais il y avait des prêtres, qui ne célèbrent pas dans leur paroisse les jours de semaine, pour donner un semblant de solennité à l'événement.

 

Bien que la Métropole orthodoxe affirme qu'il n'y a pas encore de successeur désigné au père Nicolas Kakavelakis, Georges Tsioulos se présente bien sur les réseaux sociaux comme étant déjà affecté à Lyon. 

 

Georges Tsioulos à Lyon, LinkedIn


Georges Tsioulos à Lyon, Instagram


Georges Tsioulos à Lyon, Facebook

 

Pour être plus précis, les pages blanches indiquent que son épouse habite à Vienne. Selon toute vraisemblance, Georges habite encore avec elle. Bien qu'il se déclare dès à présent à Lyon, il ne devrait occuper l'appartement de fonction de la Communauté hellénique de Lyon qu'après avoir été officiellement investi dans sa charge.

Depuis, Georges poursuit sa préparation de prêtre en visitant la région Rhône-Alpes.


Georges Tsioulos, Chamrousse, 23 janvier 2021

 

Il devrait être ordonné prêtre en avril, normalement peu après Pâques.
 

En acceptant cette mission pastorale, ce brave garçon a simplement dû oublier qu'à Lyon nous avons la réputation, certes un tantinet romancée, de tirer à vue...