de l'intérieur d'une communauté

Quels que soient les groupes sociaux, on ne voit souvent d'eux que la partie « marketing ». Celle qui est bien présentable et que l'on souhaite mettre en évidence, au mépris souvent de la réalité. Ce blog, qui se revendique comme un blog d'information, va tenter de présenter la vie de la communauté hellénique de Lyon par ceux qui la vivent de l'intérieur.
J'ai connu deux hommes qui ont dignement représenté la communauté hellénique : monseigneur Vlassios et le père Athanase Iskos. Ils n'ont jamais eu à rougir de ce qu'ils ont fait ou dit et ont laissé une communauté respectée et respectable. Le contraste pourra paraître saisissant entre les 50 ans qui viennent de s'écouler et ce qui se passe depuis plus de six ans, mais si l'on veut rester fier de ce que l'on est, il ne faut pas hésiter à prendre ses distances lorsque ce que l'on voit s'éloigne de nos idéaux.
Dans un premier temps, je vais raconter une histoire au travers de courriers échangés et de documents, qui seront tous reproduits. Dans un second temps, je débattrai autour des questions qui seront posées à mon adresse mail : jeanmichel.dhimoila@gmail.com .
La communauté hellénique de Lyon étant une association cultuelle, loi 1905, les références au culte seront nombreuses et indispensables pour comprendre le sens de ce qui est recherché, et malheureusement parfois ses dérives.

Bonne
lecture à tous

samedi 21 janvier 2017

234- Décision Φ.821/12483/H22



Au mois de mars 2016, le préfet du Rhône avait signifié à l'association Communauté hellénique de Lyon qu'elle ne pouvait pas prétendre à une reconnaissance d'association cultuelle si son activité concernait autre chose que le seul exercice du culte.

Il fallait donc choisir entre une multitude d'activités qui avaient toujours rythmé la vie de cette association et la reconnaissance cultuelle.

Activités principales de la Communauté hellénique de Lyon


Contrarié par cette notification, qui excluait de fait toute autorité du métropolite orthodoxe grec sur son fonctionnement, le conseil d'administration de l'association convoqua une assemblée générale extraordinaire pour le 29 juin 2016. Son but était de modifier une nouvelle fois les statuts de l'association en retirant toute mention de ses activités culturelles, et notamment celles de l'école grecque.

convocation A.G. extraordinaire 29-06-2016


Il y eut quelques réactions inquiètes de personnes qui demandèrent sur Facebook pourquoi renoncer aux activités culturelles.

Le père Nicolas les rassura en écrivant : C'est pour qu'on retienne notre statut cultuel. Rien ne change en réalité.

Rien ne change en réalité

 
C'était une méthode très grecque de réformer : l'association se pliait aux exigences légales telles que le préfet les avaient formulées, mais annonçait ouvertement, sans que cela ne la trouble outre mesure, qu'elle ne respecterait pas le cadre légal fixé.

Effectivement, peu après que les statuts de l'association eussent été modifiés pour exclure l'école grecque de son champ d'activité, le père Nicolas Kakavelakis publia sur Facebook la photo de la nouvelle équipe enseignante de la Communauté hellénique de Lyon pour l'année 2016-2017.

Équipe enseignante de l'école de la Communauté hellénique de Lyon pour 2016-2017


Aucune des jeunes-filles de cette équipe n'avait le moindre diplôme d'enseignement, aussi est-il permis de douter qu'elle aient été recrutées par le père Nicolas pour leurs compétences pédagogiques...

Mais ce qui retenait surtout l'attention de cette publication était le mépris des nouveaux statuts adoptés quelques semaines plus tôt. Se posait également la question du respect des institutions françaises, de ses lois et de ses représentants.



L'été 2016 fut marqué par la décision de la Grèce de supprimer le consulat général de Marseille.

Cette ville, bâtie par les Grecs autour du lieu où ils avaient débarqués il y a 26 siècles, abritait la représentation diplomatique grecque la plus ancienne de France, fondée en 1834.

Arrivée des Grecs à Marseille - mosaïque de Notre-Dame de la Garde

 
Le site Diaspora grecque annonça, le 17 août, que le consulat fermerait définitivement ses portes le 7 novembre 2016, pour des raisons budgétaires.

Le consul général dira, lors du discours prononcé pour la fermeture du consulat :  Vous faites partie des continuateurs de cette nation qui a offert au monde occidental pas seulement des Parthénons, la démocratie, la logique, la philosophie, les arts, les sciences, l’humanisme, etc, mais quelque chose de plus important encore : la valeur de la liberté. Comme André Malraux l’avait bien dit, en référence à la notion de liberté, « une Grèce secrète existe dans tous les hommes occidentaux. »

Ainsi, cette représentation, qui apportait ses services à près de 30 000 Grecs vivant dans le sud de la France, n'allait pas survivre aux rigueurs des plans d'austérité imposés à la Grèce. Aucune pétition, mobilisation ou symbole à respecter ne put faire fléchir le gouvernement d'Alexis Tsipras.


Dans le même temps où fut prise la décision de fermer le consulat général de Marseille, le ministère de l'éducation et des cultes reconduisit à Lyon le père Nicolas Kakavelakis pour assurer les cours de grec dispensés au sein de l'association Communauté hellénique de Lyon, en vertu de la décision  Φ.821/12483/H22. Il nomma également madame Christiana Rosaki pour assurer les cours de l'école grecque de l'association I Milia.

Le maintien du poste du père Nicolas était surprenant pour plusieurs raisons :
- l'année scolaire 2015-2016 avait montré qu'un seul enseignant pouvait s'occuper des deux écoles de Lyon ;
- la Communauté hellénique de Lyon venait de modifier ses statuts pour s'interdire toute activité culturelle et notamment le fonctionnement de l'école grecque ;
- il y avait 110 inscrits à I Milia (51 enfants et 59 adultes), et quelques-uns seulement à la Communauté hellénique de Lyon ;
- l'austérité budgétaire était censée n'épargner personne.

Personne sauf le clergé, semblait-il. Le consul général de Grèce à Marseille doit encore se demander s'il aurait pu préserver son poste en entrant dans les ordres...

Sans paroles - © Eurokinissi


Je contestais certaines décisions prises par le père Nicolas, j'avais déjà été appelé à témoigner dans des affaires touchant la Communauté hellénique de Lyon et je n'acceptais pas ses dérives autoritaires, mais je n'avais rien contre lui en tant que personne.

J'étais témoin, et non plaignant, dans les procédures qui le visaient. Un témoin n'agit pas par représailles. Il se contente de témoigner. Je souhaitais que l'association puisse retrouver un fonctionnement respectueux des lois de la République. Je ne crois pas qu'il y ait rien de répréhensible ou de malsain à s'y employer.

En la circonstance, le père Nicolas était redevenu l'enseignant officiel du cours que je suivais et il n'y avait aucune raison objective pour que je décide de le boycotter. J'espérais même avoir l'occasion de montrer que je pouvais être un étudiant exemplaire, tout comme j'espérais qu'il serait un enseignant irréprochable.

D'autant que, suite à l'altercation pour la fête de fin d'année du 18 juin 2016, l'enseignante précédente, madame Charitaki, avait fait un rapport auprès de sa supérieure hiérarchique, la coordinatrice européenne des programmes scolaires grecs, madame Myrsine Roumeliotou. Elle avait dénoncé l'attitude du père Nicolas lors de cette fête.

J'avais moi-même téléphoné à madame Roumeliotou en juillet pour lui demander ce qu'elle pensait de la situation. Sa réponse était sans ambiguïté : ma présence était la bienvenue et aucune distinction entre les étudiants ne pouvait être appliquée.


La Communauté hellénique de Lyon annonça que les inscriptions auraient lieu le 26 septembre 2016 à 18 heures.
 


Mais un événement imprévu allait compliquer ce rapprochement que j'appelais de mes vœux.

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